Voilà, je l’ai fait de nouveau hier. Avais-je le coeur gros d’agir ainsi? Pas du tout car le sourire des marmots étaient radieux.
Dans l’avant-midi, ayant congé en ce jour merveilleux du 1er juillet (journée nationale du déménagement?), j’ai proposé aux enfants d’aller faire une balade en vélo afin qu’ils me fassent découvrir un nouveau parc où leurs amis se rassemblent depuis le début de l’été. Je dois avouer que la balade n’était pas une lourde activité physique puisqu’à tous les deux coups de pédales, je me laissais aller sur une cinquantaine de pieds sans faire aucun effort. Je dirais même que ma lenteur extrême faisait en sorte que je devais “faire aller mon guidon” pour m’aider à garder mon équilibre. Pourquoi donc? Parce qu’un rouquin de 5 ans plaignard et gémissant avait mal aux jambes à chaque tour de pédalier! Je l’encourageais donc en lui disant que nous ferions une pause au coin de la rue mais rendu là, je trouvais quelque chose pour l’occuper.
-Hey Gaby, t’as vu la belle Corvette là? C’est chez Olivier. Viens on va passer devant.
J’en avais pour quelques tours de roues avant qu’il recommence à se plaindre, c’était déjà ça de gagné! Nous nous sommes arrêtés quelques minutes dans ce magnifique parc tout neuf regorgeant de couleurs vives. Quelques enfants y jouaient mais mes rejetons restaient à mes côtés, ravis que je les accompagnes. Ils étaient beaux avec leurs cheveux blonds éclatant sous le soleil. Mon rouquin ressortant du lot comme d’habitude avec sa couleur de feu.
-Maman, maman vient mettre ton oreille ici sur le bord du tuyau et moi je vais parler dans l’autre bout du tuyau.
-Allo mon minou, dis-je dans le cylindre métallique où j’entendais ma voix en écho.
-Allo maman! Au clair de la lune, j’ai pété dans l’eau…
-Gaby! Dis pas des niaiseries!
-Pet, caca… j’ai pété dans l’eau…
-Gaby p’tit mausus…
Il savait trop bien qu’un sourire étirait mes lèvres. Du coin de l’oeil, j’observais mon Fred qui tiquait sans arrêt avec sa tête depuis que nous étions partis. J’avais mal pour lui mais tout ce que je pouvais faire était de passer ma main sur sa chevelure dorée de temps à autre. Ne voulant pas laisser ma fille en reste, je grimpai avec elle sur une espèce de plate-forme pivotante et nous nous esclamâmes en coeur “ahhhh j’ai peurrrr!”
À notre retour à la maison, la piscine criait à tue tête qu’elle voulait de la compagnie alors les marmots se mirent à la queue leu leu afin de se faire mettre de la crème solaire. Tout un défit d’appliquer cette solution laiteuse sur mon grand. Éviter les coups de tête, les coups de poing et les coups de pied. Tout cela sans laisser transparaitre une miette d’exaspération. Après tout, ce sont ses tics… pas les miens. Oublie jamais m’dame que c’est pire pour lui non? Oui petite neurone qui me fait la morale, je ne l’oublie jamais.
Mes trois poissons gigotaient dans l’eau, ils étaient si heureux que leur mère ait congé en pleine semaine. Deux copains de mon fils se sont pointés à ce moment là. Mais mon Fredo ne semblait pas avoir envie qu’il soit là, cherchant plutôt à les repousser poliment. Je reconnaissais le manège et ça m’attristait. Comme il faisait énormément de tics cette journée là, il tentait de s’isoler. Un troisième garçon fit son apparition, un gamin que je ne connaissais pas.
-Hey les gars, allez mettre vos maillots on va faire des concours! dis-je d’un ton très enthousiamé.
-Bah euh… ok on revient tout de suite.
Je les achetai donc ainsi… à grand coup de concours bidons d’équilibre sur les jouets gonflés. Tombant à la renverse moi-même, me tiraillant avec les copains de mon fils pour les aider à mettre le postérieur de l’un d’eux à l’air. Les gamins ricanant de bon coeur alors qu’un petit génie eux l’idée de tirer sur une boucle de mon bikini. J’ai fait le clown pour lui. J’ai acheté des amis… pour lui. En faisant la maman cool. En faisant des lait frappés pour tous. Mais vous savez, une neuropsychologue avait dit un jour en conférence qu’il ne fallait pas avoir honte d’acheter les amis de nos enfants si c’était pour leur bien. Vont revenir les jeunes. Ils m’ont tous dit merci pour la super journée.
J’ai vu mon fils sourire. Il s’est mêlé aux autres pour me faire chavirer de l’île flottante… jusqu’à ce que ses tics deviennent complètement hors de contrôle et qu’il s’isole dans son coin, à l’ombre, avec son jeu vidéo. Je l’ai laissé faire, sachant profondément qu’il était tout de même heureux.
D’ici quelques jours, les marmots partiront pour deux semaines chez leur papa. Deux longues semaines sans toute cette vie dans la maisonnée. Deux longues semaines à me ronger un peu les sangs car des ajustements de médication seront faites pour mon grand alors que moi je serai loin. M demande si j’y survivrai. Je sais que oui. Je sais que je profiterai de ses moments de silence comme autant de délices pour mes oreilles.
pssst… ce week-end nous serons là pour le 60e anniversaire de mariage des grands-parents de M. Un homme et une femme que j’admire beaucoup et pour qui l’amour coule encore dans le regard de l’autre.


Beau récit de ta journée! Il faisait tellement beau hier. Je t’ai honoré moi aussi sur mon blog. Tu passeras faire un tour!
Bravo tu m’avais bien dit que tu le ferais (acheter des amis). Et ça semble avoir fait du bien à tout le monde. Je crois que cette attitude est bien propre aux enfants atteint du sgt ils ont besoin de se retrouver seul assez souvent. Mais quand on provoque des situations comme tu là fait ils finissent par apprécier la présence des autres enfants.:)
je pense pas que tu les achètes, je pense juste que tu les entertain un peu de sorte qu’ils apprécient plus leurs visites. Je ne suis jamais allé chez un ami pour sa mère, j’y allais toujours pour l’ami et c’était juste un plus si la mère était cool.
à bien y penser si un de mes amis avait une mère comme toi en bikini j’y serai peut-être allé (en courant) pour la mère mais ça c’est une autre raison ….. trève de badinerie
j’aurais aimé voir les étoiles dans les yeux de tes enfants lorsque tu jouais avec eux au parc.
Et puis, acheter des amis, ca coute tu cher? lol Si ca peut avoir fait du bien à ton grand…
Moi tu vois, je regarde ça d’un autre oeil, ce que tu appelles “acheter des amis”. Au fond, la volonté derrière le geste était de les sécuriser, de leur présenter un “autre” côté de ce qu’ils voient, de démystifier la “bête” alors qu’elle est dans son élément, et de rendre la journée plus agréable en initiant le rapprochement. J’appelle donc ça être une christie de bonne maman ! L’amitié, c’est des points qui s’accumulent dans une besace destinée à l’autre. Tu as seulement aidé tes grands à engranger des points. C’est tout à ton honneur, d’ailleurs, d’introduire ces sourires volontaires qui permettent une observation plus attentive de ce qui, au fond, est votre quotidien. Ça met rapidement fin aux ragots et aux calomnies. Et au final, c’est non seulement toute la famille qui en bénéficie, mais tout le quartier ! T’es géniale, mamselle en feu !
Quant aux prochaines semaines qui te permettront de décompresser un peu en dégonflant cette boule de nerf dans tes entrailles, elle sera je n’en doute pas, très salvatrice. Un bon coup de boost pour ta batterie !
Pur Bonheur : tu es gentille! je t’ai laissé un mot
Guilian : oui tu as raison, nos p’tits tourettes ont ce besoin de solitude un peu plus présent que les autres, mais ça varie beaucoup aussi en fonction des tics.
Y man : Tu sais, il y a 2 ans environ, il y avait un gamin qui disait tout le temps qu’il voulait venir vivre chez-moi, à chaque fois que j’allais chercher les enfants à l’école. Donc oui, à quelque part je crois que je l’avais conquis et qu’il venait à la maison pour moi avant tout. Probablement que je comblais un manque dans sa vie. On verra dans 10 ans si les copains de mon fils me confieront qu’ils venaient pour voir mon bikini?!?!?!
Évangéline : tu sais les étoiles, on en devient vite accros non? je perds parfois cette lueur dans leurs yeux et c’est ce que je trouve le plus difficile. Lorsque je la tiens, je n’ai plus envie de la lâcher.
Intellex : Oui c’est vrai au fond, mon désir était de rendre tout le monde heureux. Il y a une certaine période de ma vie où je cuisinais des muffins, des brownies, etc… pour offrir en collation à la bande de gamin se rassemblant dans la rue. Oh ils revenaient le lendemain, crois-moi. Le p’tit voisin venait renifler à la fenêtre pour deviner ce qui était au four. C’était beaucoup d’énergie à déployer par contre… je me suis brûlée un peu. Ça va un peu par vague tout ça aussi, parfois je ne fais que discuter avec eux, comme s’ils étaient des grands et je crois qu’ils l’apprécient, ils sentent que je leur donne de l’importance. Peut-être pour ca au bout du compte que c’est presque toujours chez-moi que se rassemble le troupeau!
merci pour cette tranche vie
bon WE, amities de chine
qing et rene
http://belgique-chine.over-blog.com