Dis papa, même si j’ai 36 ans tu me laisserais me blottir au creux de ton épaule et m’y faire toute petite? Tu me laisserais m’appuyer sur toi comme une enfant, ayant besoin de ton support et de tes suggestions pour affronter la vie, gérer les difficultés?
Dis papa, tu crois que j’aurais le droit de m’effrondrer un peu? Juste un tout petit peu afin de laisser couler les torrents de larmes que je retiens à l’intérieur et qui pourrait me noyer. Juste un tout petit peu pour évacuer, le temps d’une crise de nerf ou existentielle toute la douleur que je ressens à l’intérieur et qui s’est réveillée de son coma artificiel où elle était depuis presque un an. Elle s’est réveillée sans ma permission, comme un fantôme noir revenant rôder durant la nuit. Alors je n’arrive plus à dormir et mes larmes ont recommencées à mouiller mon oreiller, sans que personne ne sache.
Dis papa, tu crois toi que je suis suffisamment forte pour rester debout? Toujours? Même quand les maux de mes enfants me tueront un peu plus chaque jour? Je t’ai tué aussi il y a 20 ans. Plus d’une fois même avec tous ses comprimés que j’ai pris et la lame de rasoir. Je t’ai vu mourir un peu avec tes larmes silencieuses qui tombaient du bout de ta mâchoire devant les grandes fenêtres au septième étage de Ste-Justine. Et tu es resté là, vivant, même si je t’ai poignardé à plusieurs reprises.
Tu sais papa, le soir lorsque j’essaie de calmer le corps de mon Frédéric afin que les tics lui fichent la paix et qu’il puisse s’endormir et que ça ne fonctionne pas, qu’il continue de se débattre comme une poule folle dont on viendrait de couper la tête, qu’il me répète qu’il est écoeuré d’être handicapé ainsi, je me dis que tu as survécu toi, à mes maux à moi. Alors je ferme ma gueule et je ravale mes sanglots. La vie peut continuer après tout non? On est tous devenus grands et on a réussit dans la vie quand même non? Oui tu as raison papa, à force de croire qu’on est un pilier important, on en devient un. Merci papa d’avoir été le plus fort.
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J’vous cacherai pas que c’est difficile ces jours-ci. J’vous cacherai pas que ma fille refait de l’urticaire parce qu’elle est anxieuse de son voyage de fin d’année à Québec demain et que les tics avec ses yeux ont redoublés d’intensité. J’vous cacherai pas non plus que mon plus vieux souffre énormément de voir ses tics empirer de jour en jour. À chaque fois on croit que c’est la fin, que ça ne peut pas être encore pire et pourtant… On joue avec les médicaments, on espère et on garde courage. N’est-ce pas mon grand?
Mais vous savez, j’ai parfois le coeur si gros, si gonflé qu’il voudrait exploser. Samedi dernier, mes enfants ont décidé que c’était ma fête des mères à moi avant tout le monde. Nous sommes donc allés déjeuner dans un p’tit resto d’aéroport très agréable où l’on peut voir décoller et atterrir régulièrement de petits avions. Plus tard dans l’après-midi, mon plus vieux est revenu de chez un copain en criant “maman, maman” dès son entrée dans la maison alors que moi j’étais derrière la maison à essayer de relaxer au soleil. J’ai accouru, évidemment! En ouvrant la porte de la maison, j’avais devant les yeux un gros bouquet de fleurs composé de tulipes multicolores. Mon fils arborait un immense sourire comme je n’en avais pas souvent vu. Il battait des bras, comme un oiseau prêt à s’envoler (tic) et me répétait “bonne fête des mères maman” avec cette intonnation de joie dans la voix comme seul un enfant peut avoir.
Je l’ai remercié, hésitante. Puis je lui ai demandé d’où provenait les fleurs.
-J’les ai pris à l’Église maman!
-…
-T’en fait pas, j’les ai pas pris au cimetière… je les ai pris devant l’Église!
-…
J’étais déchirée entre la joie que me procurais le sourire de mon fils et la réalité qui était qu’on ne pouvait pas faire cela! Je lui ai expliqué par la suite… sans gâcher son bonheur. Pendant que je lui parlais, il secouait tellement la tête que je me demandais intérieurement comment il pouvait faire pour ne pas perdre conscience. Il passait d’une jambe à l’autre, les secouant à tour de rôle, puis agitait les bras. Je lui ai souris avec amour.
Le plus fort, c’est mon père fils.


C’est qu’ il y a toute une force qui l’élève ce fiston vous savez? Même s’il vous vient qu’ à l’oublier… Je vous admire beaucoup, en silence…
En tant que père, si un jour ma fille m’adresse une pareille lettre je lui répondrait un grand OUI sans hésiter… peu importe son âge en fait.
Quant aux fleurs, j’m'attendais à ça. Tellement drôle
Merci Morenita et bonne journée
Bonsoir Morenita,
Quel texte ! On a tous besoin, parfois, d’une épaule sécurisante, paternelle. Mais toi, tu le mérites 10000 fois plus que tout autre. À mon avis, le plus fort, c’est vous tous !
xxxxx
Circé
Toujours vivant, mais je ne lis plus vraiment sur internet. Je suis en vacance, je me leve tard, je trainasse ;). Mmm… moi je le comprends ton fiston, les tulipes sont belles!
p.s.: mais c’est quand meme mieux des les ceuillir en nature, surtout quand le pretre te pogne la main dans son jardin!
GROS CONNAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARD
À celui qui est incapable de commenter en s’identifiant. À qui s’adresse tes conneries à toi hein?
Le ip est visible avec les commentaires au cas où tu ne le saurais pas.
Si tu veux des méchantes bêtes en informatique pour faire du mal tu connais mon numéro.
Me semble que tu slack sur les réponses de commentaires depuis qu’on s’est vues, allez assume!
Quel beau texte: je suis émue aux larmes.
Chacun est le plus fort, à sa manière, je vous souhaite donc des 1000ers de câlins de la part de ces forces qui vous entourent.