La semaine dernière j’ai dû expliquer à mes enfants que la mort rôderait dans la famille prochainement. Pleins de compassion, mes marmots sont se mis à table, crayons en main décidés à faire des oeuvres à épingler aux murs fades de la chambre d’hopital de Daniel.
C’était la première fois que je voyais mon plus jeune aussi concentré sur un dessin. Faut dire qu’avant le début de la médication pour l’anxiété, n’étant que l’ombre d’un enfant vivant, il ne dessinait pas ou qu’en de rare occasion à coup de 5 minutes. Une heure, une heure durant laquelle il s’est appliqué à faire un beau bonhomme, une rue noire avec une ligne jaune et trois voitures avec des yeux. Un soleil au dessus du bonhomme aux mains vertes. Je passais telle une ombre derrière mes rejetons, observant en silence ce que la mort prochaine d’un homme leur inspirait.
Ma fille de son côté avait dessiné un homme en speedo bleu qui passait la tondeuse et elle avait inscrit “tu es un pro de la tondeuse. Je t’aime Daniel!” Étrange vous direz-vous? Nah. Les 4 ou 5 premières fois que mes enfants ont vu cet homme, il était toujours à faire son gazon… d’où ce dessin. Pour ma part je l’ai trouvé très charmant car ma pitoune cherchait un moyen d’être gentille et de le complimenter. Au bas du dessin de son frère, Val avait écrit “Je t’aime demi grand-papa”. Pour les enfants, tous ceux n’ayant pas des liens de sang mais faisant tout de même parti de la famille… sont des demis. Demi-frère, demi-soeur, demi grand-père.
La vision que j’avais de Daniel regardant les dessins était celle d’un homme qui s’éclairait de l’intérieur. Son teint gris et blâfard me paraissait plus orangé, comme si une étincelle de vie lui avait été transmis par les yeux, comme si les couleurs des dessins qu’il tenait en mains avaient ravivées un petit feu intérieur. Passant la main sur son dos pour lui dire que je pensais très fort à lui, j’ai senti ses os qui saillaient sous la jaquette d’hopital, me ramenant en mémoire rapidement la dévastation interne, ce combat perdu d’avance, qui se jouait sous les couvertures. Nous avons collé au mur les dessins, parmis les nombreuses photos de famille qui témoignaient de l’amour des gens envers cet homme.
Je continue de croire sincèrement que nous sortirons tous changé de cette épreuve. Tous.
p.s. Allez voir par là… Gala blog’or 2008… j’suis en nomination 2 fois!


Tu es le roi de la tondeuse… Sniffff
Répond à tes courriels vielle folle.
Qu’ils sont compatissants tes enfants, ils ont fait des dessins pour leur demi grand-père, quelle générosité. Les enfants souffrants comprennent si bien la souffrance de quelqu’un d’autres.
Oui, voir quelqu’un que l’on aime, maigrir à vue d’oeil, se décharner et quitter peu à peu la vie est quelque chose de terrible à vivre, courage à vous tous.
Bon lundi et bisous xxxxxx
je pense que de chaque situation de vie nous change un peu, d’autres plus. En considérant que la mort est un passage obligé et que personne ne peut y échapper, après les larmes viendra la réflexion et après la réflexion le changement
Dans la vie d’un enfant la mort d’un grand-parent (demi grand-parent) est souvent le premier contact que l’on a avec la mort dans un milieu près de nous. Il s’agit selon moi d’une façon d’apprendre la mort à un enfant (bien qu’elle ne s’apprend ps vraiment) disons que le choc est moins violent pour l’enfant que s’il s’agissait de parent ou d’ami proche
Le cancer est une sacrée maladie….vive les crises cardiaques…
Bon courage à toi et ta famille. Bises xxx
Merci à vous tous pour les commentaires. Sachez que je vous lis tous