29
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08

Gris

Le temps est gris et je me sens fade.  C’est difficile de se lever le matin tout en sachant que je serai aussi impuissante que la veille. Encore et encore.  J’suis allée chercher la nouvelle prescription de mon ti-loup hier. Comme l’espacement de la prise de médication s’avérait catastrophique, la pédo-psy a contacté le labo afin de vérifier s’ils pouvaient fabriquer “encore” un autre dosage.  Affirmatif.  Je me suis donc pointé à la pharmacie, sans avoir à mentionner ce que je venais chercher ni pour quel enfant, semblerait qu’on me reconnaisse.  J’en viens même à me demander si un portrait robot de mon moi-même ne serait pas affiché derrière le comptoir? Sais pas.  Ça devrait faire plaisir que les gens se souvienne de nous?  Je ris jaune, je préférerais demeurer une parfaite inconnue pour tous ces pharmaciens et tous ces techniciens.

Les choses dégénèrent à une vitesse folle pour mon Fred. Je dois lui brosser les dents tous les soirs et la semaine dernière, il a été incapable de travailler à l’école. Dimanche, je l’ai aidé à préparer une présentation orale. Je le sentais si heureux qu’on fasse équipe tous les deux. Dès que j’ai mis un pied dans la maison à mon retour du boulot hier, il a demandé pour se pratiquer devant public (moi et sa soeur) ce à quoi nous avons évidemment acquiescé.  Peine perdue, il n’a jamais été capable. Tics par dessus tics.  Je souris, lui dit que ce n’est pas grave, que peut-être ça ira en classe.  Lui passant la main sur la joue, mon sourire rosée et compatissant camoufle bien ce rictus triste qui fait trembler légèrement mes joues. Ces mots qui me font souffrir… maman, j’tanné de mes tics, ça fait mal.

Ma petite Val, celle dont je parle le moins souvent, était venue avec moi à la pharmacie. En voiture, elle posait trente-six mille questions. Elle me dit soudain qu’elle un nouveau tic.

-Ah oui? C’est quoi, demandais-je puisque je n’avais rien remarqué de différent.
-Dans ma tête, je répète tout le temps “j’sais pas”.
-Ah. Et ça sort parfois ou c’est seulement dans ta tête?
-Ben, à l’école je le dis mais pas fort. Pis des fois à la place de le dire, je fais le mouvement avec ma face et mes épaules. Mais j’ai tout le temps envie de le dire.

Je lui ai souris. Lui faisant comprendre ainsi, sans mot, que ce n’était pas grave après tout hein? Elle a sourit à son tour mais avec les yeux. Nous étions complices toutes les deux.

J’attends encore le retour d’appel du neurologue. Nous devrons introduire un 5e médicament pour mon grand mais j’ai des tonnes de questions à lui poser auparant. Bien que ma chère amie Anne croit que j’ai un kick sur ce dernier, honnêtement, je préfèrerais ne plus jamais lui adresser la parole!  C’est un homme bien, pas du tout mon genre mais j’suis pas là pour lui faire de l’oeil de toutes façons.  Faut dire qu’au boulot, j’ai facilement ma dose hebdomadaire de kétainerie macho que je pourrais prendre pour des compliments par certains clients attardés.  Ça fait partie de la game comme on dit. Une des dernières conneries entendues à ce jour  après que j’ai mangé un popsicle bleu à mon bureau (ouais c’était pas brillant de ma part mais je n’ai pas pensé une seule seconde que ça me tacherait les lèvres de la sorte). 

Cromagnon dit : ouan, t’es sûre que t’as mangé un popsicle? en me tapant un clin d’oeil et en promenant les yeux de ma poitrine à mes lèvres à mes jambes.

Moi : Non, en fait j’ai sucé mangé un schtroumpf.  Je me suis esclaffée comme une imbécile stupide jusqu’à ce que le cromagnon rit à son tour. Puis j’ai cessé net, ce qui a surpris l’homme.  Dans les dents imbécile!

 


5 Réponses vers “Gris”


  1. avril 29, 2008 à 11:40

    Cette complicité qui fait la douceur et la tendresse au quotidien…

    Un schtroumpf hein! Que j’aime ton sens de la répartie! ;-)

  2. avril 29, 2008 à 6:20

    Nous nous sentons souvent fades au printemps, quand les jours sont gris et sans soleil, nous avons besoin de renouveau, de se sentir revivre.

    Je suis venue lire ton billet cette après-midi et j’ai refermé ton lien, car j’étais tellement émue, je ne savais que t’écrire pour t’encourager … J’ai beaucoup pensé à toi, et je me demandais pourquoi la vie t’avait donné tant d’épreuves à vivre avec tes trois amours, pas un, mais trois? De questionnement en questionnement, je me suis dit, qu’il y a sûrement quelque chose de bien qui s’en vient pour toi, la loi naturelle de la vie, doit aussi s’appliquer dans ton vécu, il t’arrivera quelque chose de très beau bientôt, je le sens et je te le souhaite de tout coeur.

    J’ai fait une bulle d’amour pour toi, ton chum, tes trois amours, dans la bulle, je n’y ai mis que du bien-être, de la joie de vivre, du bonheur, du soulagement des maux des enfants, je vais garder cette bulle en tête, et je vais revenir l’alimenter pour vous tous.

    Voilà ce que je voulais t’exprimer, ma douce amie, voilà ce que mon coeur avait le goût de t’écrire.

    Bon mardi et bisous à toute la p’tite famille xxxxx

  3. 3 Latifa
    avril 30, 2008 à 7:57

    Juste un petit mot pour te dire que je viens te lire régulièrement même si je ne trouve jamais quoi te dire pour soulager tes ou plutôt vos maux…et avant tout que je pense souvent à toi et ta petite famille.
    @micalement,
    Latifa XX

  4. 4 Latifa
    avril 30, 2008 à 8:00

    Je rajouterai que oui le temps gris est un peu partout présentement mais on annonce du beau temps pour la fin de semaine et les jours à venir…..je souhaite la même chose pour toi et ta belle famille ma chère Morenita: Après la pluie, le beau temps!!!!

  5. avril 30, 2008 à 8:09

    Je vais de ce pas te dénoncer à l’Association Internationale pour la Protection des Schtroumpfs et de leur Milieu Naturel. (AIPSMN) Ça t’apprendra à boulotter du schtroumpfs au schtroumpfs ;-)


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