22
avr
08

Le seuil

Où se trouve la limite de tolérance à la douleur de l’autre? Quelle est le seuil acceptable alors que ce n’est pas nous même qui ressentons cette souffrance?

Hier soir au moment où je m’apprêtais à brosser les dents de mon fils, je dis bien m’apprêtais car je n’y arrivais pas. Chaque fois que je croyais voir arriver la fin de son tic complexe où il étirait les bras puis les repliait brusquement sur sa poitrine, remontait les poings de chaque côté de sa bouche pour tousser, bloquait sa respiration quelques secondes, faisait des oui et des non avec la tête puis se figeait… là, immobile, les bras repliés et les poings fermés. Ses membres tremblant tellement il était tendu.  Je déteste agir de la sorte mais je lui ai demandé de faire un gros effort et d’ouvrir la bouche afin que je puisse lui brosser les dents.  Il m’a fait signe d’attendre une seconde avec ses doigts puis il est resté figé encore. Au bout de quelques secondes, il a fini par me dire que tant que son rituel de tics n’est pas accomplit, qu’il ne peut pas arrêter sinon il doit le recommencer au complet. Me spécifiant au passage qu’un nouveau truc faisait parti du lot… faire tourner la salive dans sa bouche un nombre X de fois.  Croyez-vous qu’elle est bizarre cette maladie? Que peut bien ressentir mon fils d’accomplir tous ces gestes en sachant très bien que c’est étrange?

Comme j’ai diminué un des médicaments de fiston, la fréquence de ses tics a augmenté. Eh oui, faut croire qu’il y avait encore place à amélioration.  Son cou le fait atrocement souffrir et les maux de tête se mettent de la partie.  Je ne crois pas continuer le sevrage. Il y a des limites à regarder souffrir son enfant sans pouvoir rien faire. J’attendrai donc des nouvelles de Ste-Justine où j’ai laissé un message cet après-midi après la conversation téléphonique que j’ai eu avec mon fils où seul les claquements de langue me faisait savoir qu’il était au bout du fil.

Je voudrais être le gros noir de la Ligne verte.  J’suis certaine que vous le connaissez. Je voudrais embrasser mon fils pour lui siphonner tous ces gênes défectueux. Les cracher en l’air comme le venin répugnant d’un serpent qu’on extirperait d’une plaie.


7 Réponses vers “Le seuil”


  1. 1 Dan avril 23, 2008 à 1:11

    Moi aussi j’aimerais etre ce monsieur… mais je crois que tu es plus proche de lui que moi: Chère, je sais que tu as l’impression de ne rien pouvoir y faire,
    Pourtant, tu es probablement celle qui a le pouvoir d’aller de l’avant,
    Et soulager une douleur dont tant de personnes sont accablées,
    Tu lui donnes l’amour et l’affection qui donne à la vie la peine d’etre vécue…
    à mon avis, c’est le plus grand des pouvoirs, il l’apprécie, et il y croit comme moi!

  2. 2 Pur bonheur avril 23, 2008 à 3:56

    Je ne sais pas ce que le médecin va te dire mais j’espère qu’il va te dire de continuer sa médication. Si ça le soulage, pas vraiment le choix! On ne dirait pas que cette maladie va guérir toute seule, enfin pas à l’âge qu’il a. Bon courage.

  3. 3 Morenita avril 23, 2008 à 4:34

    Dan : merci merci merci, tu me permets un bisou? Tu es gentil.

    Pur bonheur : J’ai parlé au neuro cet après-midi. Fiston prend 4 médicaments présentement et seulement un avait été diminué. Je dois le remettre au dosage initial pour quelques jours et ensuite… un autre sera ajouté. C’est dingue tu sais le nombre de pot devant moi lorsque je dois remplir les piluliers. Gabriel = 1 pot, Valérie = 3 pots, Frédéric = 7 pots. Lorsque je reçois les renouvellement quand il me reste pour 2 jours, je me retrouve avec tous les pots en double… c’est dément! Quand ma tête n’y est pas à 100% j’abandonne et m’y remet plus tard afin de ne pas faire d’erreur! ;)

  4. 4 Pur bonheur avril 24, 2008 à 4:11

    Wow! Ça t’obliges à gérer pas mal de médication, moi aussi j’aurais peur de faire des erreurs. Tu fais bien de le faire à tête reposée.

  5. 5 Clépétar avril 27, 2008 à 11:43

    J’ai envie de tous vous serrer dans mes bras, Morenita. Même si ça pourrait être physiquement difficile ;)

  6. 6 lusciousloba avril 29, 2008 à 11:47

    Avoir le pouvoir d’arrêter cette souffrance. Je vendrais mon âme pour ça…

  1. 1 La différence « Sur des airs de Mandoline. Ping dans 21 mai 2008 à 12:48

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