15
fév
08

Quand douleur rime avec noirceur

22h30, le téléphone sonne. Bien qu’il ne soit pas si tard, on a toujours l’impression qu’un truc doit mal aller lorsque ça sonne à une heure inhabituelle.  C’était ma belle-soeur, en larmes.  Le père de M ne va pas bien depuis quelques mois. Cet homme de 57 ans qui a travaillé fort physiquement toute sa vie, a bien gardé pour lui les vrais symptomes qui étaient apparus.  “J’ai mal au dos en tabarnak” était les simples mots qu’il nous adressait lorsque nous lui demandions comment il allait.

Le dernier mois, il a maigri de 20lbs. Il fait de l’anémie et va à la selle 20 fois par jour.  La douleur qu’il croyait au dos s’avère plutôt être dans les intestins mais pour lui, c’était le coccyx qui semblait faire mal.  Il souffre tellement qu’il a du mal à rester en position assise. Les crampes abdominales sont si fortes que ça le laisse tremblant de douleur.  Tous ses symptomes laissent planer comme diagnostique un cancer du côlon.  Mais lorsque les symptomes se font si présents, il y a de fortes chances pour que les méchantes cellules se soient aussi propager ailleurs.

Cet homme de 57 ans passera de nouveaux tests en début de semaine. Présentement il souffre, sans calmant.  Ma belle-soeur aurait voulu hier soir l’envoyer à l’hopital en ambulance, souhaitant ainsi qu’on apaise ses douleurs mais que des tests soient fait plus rapidement également. Il ne veut pas.  C’est le genre d’homme qui ne se plaind jamais. Pour lui, tout fini par rentrer dans l’ordre tout seul et il parlait même le week-end dernier de retourner sur sa pelle mécanique au printemps.

J’ai observé M qui parlait au téléphone.  Sur son visage presque impassible, j’ai tout de même lu l’inquiétude, la douleur… mais aussi la peur.  C’est toujours dans ses moments là qu’on regrette un peu de ne pas avoir été plus près ou plus présent pour “son vieux” (comme le dit M).  Incapable de mettre en mots ce qu’il ressent au plus profond de lui, je ne peux rien faire d’autre que lui faire sentir mon soutien.  Une pression de la main sur la sienne, le serrer fort dans mes bras.

Je comprends un peu mieux l’attitude de mon mec des derniers jours. Son impatience qui au fond exprimait un peu de sa douleur.  C’est toujours dans des cas comme ceux là qu’une prise de conscience nous prend d’assaut… mais qu’est-ce qui compte vraiment dans la vie hein?  Le soutien de ses proches, l’amour, la compassion et la compréhension.  Y a rien de plus terrible que d’être confronté à la maladie.  Chaque fois que des trucs comme ceux là arrivent, je me dis qu’au moins mes enfants ne souffrent pas physiquement malgré leur maladie.  Et à chaque fois, je me dis que je me plainds pour rien sur ma vie… au fond, tout n’est pas si pire que ça.


1 Réponse vers “Quand douleur rime avec noirceur”


  1. 1 Clépétar février 17, 2008 à 3:05

    C’est difficile de constater, trop souvent peut-être, que les plus forts cachent de bien grands maux…

    Je vous souhaite bonne chance dans cette nouvelle épreuve!

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