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Une date anniversaire

Le 14 janvier, ça a fait 4 ans que le diagnostique de SGT a été posé pour mon fils. Quatre années d’écoulées depuis ce soir là où j’ai versé toutes les larmes de mon corps. Quatre années depuis ce soir là où une tonne brique venait d’être enlevée de ses épaules parce que dorénavant, nous n’allions plus lui dire d’arrêter de faire toutes ses grimaces.

Tant de choses ont changé depuis. À l’époque, il avait des tics oui, mais rien de comparable avec aujourd’hui. Il n’avait pas d’obsessions et les crises de rage se limitaient à quelques unes par année. Depuis ce temps là… sa sœur a été diagnostiquée aussi. Et le petit frère… ça ne saurait tarder.

Je fais un copié-collé d’un message que j’avais écrit en février 2005 sur mon forum SGT… parce que je veux le garder en souvenirs.

“Je suis recroquevillée sur moi-même sur le divan, à écouter de la musique classique si belle à en faire pleurer.

J’observe mes enfants qui jouent à faire semblant. Mon grand garçon est professeur dans une école de sorcellerie et il essaie d’apprendre à sa sœur à jeter des sorts. Je regarde le profil de ma fille, la courbe de son nez, sa bouche entre-ouverte d’où l’on peut apercevoir la dent manquante, ses beaux yeux bleus. Qu’elle est belle. Pour quelques instants, nous avons un répit de ces crises… je ne peux qu’entendre à l’occasion cette toux qui émane de sa gorge.

Mon grand garçon qui commence à faire un peu de ventre, répète les paroles magiques à sa sœur avec l’immense sourire de l’enfant heureux de son nouveau rôle. À tout bout de champs, il élance les bras pour faire ses tics. C’est triste mais il ne s’en aperçoit même plus quand il les fait. Il arrête de parler pour faire ses “hum-hum”… mais ce n’est pas grave, il sourit. Qu’il est beau lui aussi.

J’ai le cœur gros alors je me lève pour aller voir mon p’tit dernier qui fait encore la sieste. Il est couché, les bras grands ouverts en croix. La tête sur son toutou préféré. La bouche tellement molle que la suce lui pend aux coins des lèvres. Un ange…

Les larmes jaillissent de nouveau. Une chance que je les aies. Tant d’amour émane d’eux. Je m’émerveille à chaque jour de leur présence, du bonheur qu’ils m’apportent. Je suis riche de ce don. Le don d’émerveillement. C’est un pouvoir merveilleux que d’arriver encore à voir l’innocence dans leurs yeux. Ça me garde en vie. Ça me soigne. Ça panse mes blessures.”

Ça peut avoir l’air prétentieux que de prétendre que je possède un don d’émerveillement. Mais c’est réellement ainsi que je le vois. Un rien peut m’émouvoir, me sortir de la torpeur que les moments de crise peuvent influencer.  Que ce soit une grosse bestiole laide que je veuille attraper pour montrer à mes enfants, une grenouille bondissante, une belle toile d’araignée remplit de détails… n’importe quoi pouvant éveiller les sens et stimuler le cerveau.   Je me dis que le jour où l’émerveillement ne viendra plus, c’est que j’aurai commencé à mourir à petit feu.


3 Réponses vers “Une date anniversaire”


  1. janvier 17, 2008 à 12:59

    C’est vrai que l’émerveillement est une belle chose et surtout une chose vitale. Je pense que ton don comme tu l’appelle te vient en grande partie du fait que tu es définitivement encore une grande gamine, une petite fille sous une carapace forte et arrogante. Ça n’enlève rien à ta grande force intérieure, mais tu as un vulnérabilité qui est bel et bien là et qui ajoute une étincelle de plus à ta longue enfance!

  2. janvier 17, 2008 à 5:01

    Je connais ce syndrôme de SGT, je comprends les réactions de rage de ton fils, il ne se voit pas comme les autres. J’ai un p’tit cousin qui a appris à vivre avec ce syndrôme et aujourd’hui, il occupe un bon emploi et il est heureux, sauf bien sûr, ces tics, mais il a appris à vivre avec. Je souhaite aussi cela à ton fils.

    Tu sais, ton fils ne le réalise pas aujourd’hui, mais avec ton positivisme, ton émerveillement devant la vie, il a une maman en or, ce n’est pas tous les gamins qui ont le SGT qui peuvent en dire autant. Mon p’tit cousin, sa mère ne l’endurait pas, c’est sa grand-mère maternel qui l’a élevé avec patience et douceur. Alors, ton fils a la chance d’avoir une maman merveilleuse comme toi.

    Tu donnes une belle leçon de courage à tous/toutes, par ta façon de voir la vie, tu m’épates, crois-moi et ce ne sont pas là des mots vides, je les pense vraiment.

    Bon jeudi, ma belle et continue de t’émerveiller sur tes enfants et la vie. xxxxxx

  3. janvier 18, 2008 à 3:14

    Juste une p’tite trace de mon passage chez-toi.

    Bon vendredi et bisous de ta p’tite cousine du Québec.


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