17
juil

C’est le temps des vacances!

Première journée de vacances… pour 1 semaine.  C’est la première fois en 14 ans de boulot que j’ai cette chance en été car habituellement j’ai 3 semaines en hiver.  Mes marmots seront de retour dimanche et je me promets bien de les cajoler et les embrasser à m’en irriter la peau!

En début de semaine, nous irons assister au tournage de “Une grenade avec ça” à Télé-Québec comme promis par les comédiens lors du calin de Fredo au “Bonheur est à 4h”.  Mon silence ici sera donc délibéré… des vacances c’est sacré!

15
juil

Le prix Arte y Pico

Le prix “Arte y Pico” nous vient d’Uruguay, créé par Eseya, jeune femme artisan d’art qui fabrique des poupées de lainage et tissus parfois naïves parfois d’une immense tendresse, mais toujours empreintes de poésie et de cette vie magique, quasi poignante aux portes du sacré, qui anime l’ensemble de l’art populaire sud-américain .
J’ai reçu ce prix, avec grand plaisir et étonnement, à deux reprises par Rosie et PurBonheur.  Étonnement qu’on s’attarde vraiment à mes écrits que je trouve parfois redondants!  Heureuse qu’on dévore encore mes mots bien qu’ils décrivent un quotidien un peu différent… (si peu!)
Quand vous êtes à votre tour “primé(es)”, voici les règles à respecter:
1/ Vous devez choisir les blogues que vous estimez mériter ce prix pour leur créativité, conception, matériel intéressant et contribution à la communauté de bloggeurs, quelle que soit la langue,
2/ Chaque prix doit contenir le lien vers le blogue de son auteur pour être visité par tous,
3/ Chaque lauréat doit montrer son prix et remettre le nom et le lien vers le blogue qui lui a donné,
4/ Le lauréat doit montrer le lien de l’Art y Pico sur son blogue,
5/ Et afficher les règles.
Alors voici ma sélection de blog :
1-  Le Voyou du Bayou : C’est toujours là bas que je me ramasse si j’ai du temps. C’est toujours ce blog que je lis en premier… divertissant, direct, un peu amère parfois mais tellement savoureux. Aimé de tous? Non pas du tout.  Connu de tous? Je dirais presque oui!  Ce fonctionnaire sait bien manier les mots pour rendre le tout croustillant à souhait. Musicien, il sait également nous émouvoir.  Si l’on sait lire entre les lignes, on pourra y voir l’homme à travers le personnage. Des mots francs, sans détours.
2- Mazsellan : Célibataire, cet homme sait charmer par ses mots, ses aventures, ses réflexions. Un incontournable lors de ma visite blogueste.  Que ce soit en mots, en images ou insinuations subtiles, Mazsellan n’est jamais ennuyeux. 
 
3- Calliopé :  Bien qu’elle ait déjà reçu ce prix, je lui décerne à nouveau puisque pour moi, elle représente beaucoup.  Un certain reflet, une parcelle de ma propre vie. Sans la connaitre réellement, je pourrais certainement la décrire avec justesse tellement ses écrits me rejoignent et me touchent.  Une belle plume, une belle femme.  Qu’elle soit enflammée ou simplement troublée, des amalgames de lettres donnant des billets prenants et touchants.
4- Y man :  Un des premiers blogs que je me suis mise à lire régulièrement. Je pouvais passer du rire à la réfléxion sur un même billet.  Varié, drôle, réfléchit. Cet homme au kilt est un bloggeur attachant.  Ouvert aux autres, c’est ce que j’ai vite ressenti à la lecture de ses mots.
5- Lusciousloba : La seule bloggeuse qui m’oblige à vérifier son nom chaque fois que je veux l’écrire!  Femme en feu, vivante, aimant la vie.  Femme de coeur, de tête. Vivant des remous mais pourtant disponible pour les autres.  J’ai croisé sa route chez Mazsellan puis j’y suis retournée chaque jour. Délicieux.
09
juil

Je vous présente mon fils

Ne criez pas à l’exhibitionisme. Mon fils n’est pas un animal de cirque. Je désire vous présenter mon Frédéric afin que vous puissiez mieux comprendre sa réalité à lui.  Sachez que ce qui est visible à l’écran n’est qu’une infime parcelle de sa réalité puisque tous ses tics ne sont pas sur ce film.  Le plus douloureux nous saute au visage, sa douleur en mots également puisqu’il dit qu’il a mal au cou.

Vous comprendrez mieux pourquoi il n’arrive que rarement à se brosser les dents lui même… et pourquoi lui laver les cheveux est une tâche ardue.  Il n’est pas toujours ainsi mais lors d’activité physique, c’est malheureusement dans cet état qu’il se retrouve.  Comme vous pourrez le voir, il a des copains… et ces derniers ce foutent bien de sa maladie.  C’est tout à leur honneur.  Pour eux, Fredo est un gamin comme les autres.  Ces mouvements que vous verrez, il n’arrive pas les empêcher.  Comme un éternuement, les tics sortent sous peine de faire sentir à fiston qu’il va exploser intérieurement s’il ne les accomplit pas.

Je voudrais que la terre entière connaisse le syndrome Gilles de la Tourette.  Je voudrais que plus de recherches soient faites.  Je voudrais une recette miraculeuse, une potion magique… mais tout cela n’existe pas.  Notre trésor à nous, c’est la joie que nous réussissons à avoir ensemble malgré tout.  Ma richesse… le sourire dans leurs yeux.  Je sais que plusieurs personnes qui lisaient mon blog auparant ont vite déguerpit car ils me trouvaient trop déprimantes.  Et bien c’est ma vie, la nôtre.  Qu’elle plaise ou non.  C’est ma petite guerre contre l’ignorance. 

Voici donc mon Frédéric, 12 ans.

Zut… après de dizaine d’essais, je n’arrive pas à mettre la vidéo ici. Voici donc le lien :

http://www.dailymotion.com/video/x62u0d_ete-2008_people

09
juil

Garder le cap

Que reste-t-il mon chéri devant nous quand un neurologue réputé nous avoue que tu es son patient le plus difficile à traiter qu’il ait vu en carrière? Que le médic que je lui proposais est rejeté à cause de tes problèmes au coeur? Que je doive remboursé près de 600$ d’impôt au gouvernement car ils ont rejeté ma demande de crédit pour déficience physique grave et prolongée alors que la pédo croyait que tu serais accepté haut la main.

On fait quoi mon loup? on ajoute de l’ativan sur ton lot de médicament. Je te perdrai à nouveau. Tes yeux redeviendront ternes et vides… oh je le sais, pour avoir vu souvent pâlir cette lueur que j’aimais tant retrouver dans ton regard. Cette luminosité et cette vie qui me faisait tout chaud à l’intérieur. 

Nous devrons prendre la décision un jour mon Fred, je le sens.

08
juil

Vrai

Des sentiments vrais, des payages à l’état pur. La route était belle, la température idéale pour aller à Saint-Michel des Saints. L’Auberge du Lac Taureau est sur un site enchanteur, réellement. Le bois étant le matériau utilisé à toutes les sauces, des fragrances différentes nous chatouillaient les narines dépendamment de l’endroit où nous nous trouvions.

 

Beaucoup de couloirs vitrés nous permettant d’admirer la vue. Et nous permettant également d’exercer notre sens de l’orientation. Le décor champêtre était reposant. Le soleil nous invitait de ses rayons à se balader les pieds nus sur le sable chaud.

On s’est aimé aussi. En mots, en gestes, en regard. On s’est aimé du bout des doigts. D’un sourire, d’un baiser.  Je me rends compte à quel point cette relation là est intense. Combien je peux aimer et détester tout autant par moments. Ce n’est jamais neutre, jamais ordinaire. Je déteste violemment ou j’aime passionément.  M me fait rire tous les jours. M’attendrie aussi… nos doigts entrecroisés sur sa cuisse alors qu’il conduit, nos jambes se lovant tel les morceaux d’un casse-tête durant la nuit.

Ce fut un beau week-end, bien que j’étais loin de mes marmots. J’ai pensé à eux en voyant des gamins lancer du sable sur la plage. J’ai pensé à eux lorsque nous sommes partis en balade sur le lac. Ils sont partis maintenant, chez leur père pour deux semaines.  Je devrai parler à mon grand tout à l’heure pour prendre les dernières nouvelles de ses tics avant de parler avec le neuro. Les marmots ne sont pas là mais je dois tout de même gérer mille et un trucs.

J’suis heureuse aujourd’hui malgré mes 36 ans bien sonnés. J’suis heureuse de savoir vivre intensément chaque moment depuis que je connais M.

02
juil

Acheter l’amitié

Voilà, je l’ai fait de nouveau hier. Avais-je le coeur gros d’agir ainsi? Pas du tout car le sourire des marmots étaient radieux.

Dans l’avant-midi, ayant congé en ce jour merveilleux du 1er juillet (journée nationale du déménagement?), j’ai proposé aux enfants d’aller faire une balade en vélo afin qu’ils me fassent découvrir un nouveau parc où leurs amis se rassemblent depuis le début de l’été.  Je dois avouer que la balade n’était pas une lourde activité physique puisqu’à tous les deux coups de pédales, je me laissais aller sur une cinquantaine de pieds sans faire aucun effort.  Je dirais même que ma lenteur extrême faisait en sorte que je devais “faire aller mon guidon” pour m’aider à garder mon équilibre. Pourquoi donc? Parce qu’un rouquin de 5 ans plaignard et gémissant avait mal aux jambes à chaque tour de pédalier! Je l’encourageais donc en lui disant que nous ferions une pause au coin de la rue mais rendu là, je trouvais quelque chose pour l’occuper.

-Hey Gaby, t’as vu la belle Corvette là? C’est chez Olivier. Viens on va passer devant.

J’en avais pour quelques tours de roues avant qu’il recommence à se plaindre, c’était déjà ça de gagné!  Nous nous sommes arrêtés quelques minutes dans ce magnifique parc tout neuf regorgeant de couleurs vives. Quelques enfants y jouaient mais mes rejetons restaient à mes côtés, ravis que je les accompagnes.  Ils étaient beaux avec leurs cheveux blonds éclatant sous le soleil. Mon rouquin ressortant du lot comme d’habitude avec sa couleur de feu. 

-Maman, maman vient mettre ton oreille ici sur le bord du tuyau et moi je vais parler dans l’autre bout du tuyau.
-Allo mon minou, dis-je dans le cylindre métallique où j’entendais ma voix en écho.
-Allo maman! Au clair de la lune, j’ai pété dans l’eau…
-Gaby! Dis pas des niaiseries!
-Pet, caca… j’ai pété dans l’eau…
-Gaby p’tit mausus…

Il savait trop bien qu’un sourire étirait mes lèvres. Du coin de l’oeil, j’observais mon Fred qui tiquait sans arrêt avec sa tête depuis que nous étions partis. J’avais mal pour lui mais tout ce que je pouvais faire était de passer ma main sur sa chevelure dorée de temps à autre. Ne voulant pas laisser ma fille en reste, je grimpai avec elle sur une espèce de plate-forme pivotante et nous nous esclamâmes en coeur “ahhhh j’ai peurrrr!”

À notre retour à la maison, la piscine criait à tue tête qu’elle voulait de la compagnie alors les marmots se mirent à la queue leu leu afin de se faire mettre de la crème solaire. Tout un défit d’appliquer cette solution laiteuse sur mon grand. Éviter les coups de tête, les coups de poing et les coups de pied. Tout cela sans laisser transparaitre une miette d’exaspération. Après tout, ce sont ses tics… pas les miens. Oublie jamais m’dame que c’est pire pour lui non? Oui petite neurone qui me fait la morale, je ne l’oublie jamais.

Mes trois poissons gigotaient dans l’eau, ils étaient si heureux que leur mère ait congé en pleine semaine. Deux copains de mon fils se sont pointés à ce moment là. Mais mon Fredo ne semblait pas avoir envie qu’il soit là, cherchant plutôt à les repousser poliment. Je reconnaissais le manège et ça m’attristait. Comme il faisait énormément de tics cette journée là, il tentait de s’isoler. Un troisième garçon fit son apparition, un gamin que je ne connaissais pas.

-Hey les gars, allez mettre vos maillots on va faire des concours! dis-je d’un ton très enthousiamé.
-Bah euh… ok on revient tout de suite.

Je les achetai donc ainsi… à grand coup de concours bidons d’équilibre sur les jouets gonflés. Tombant à la renverse moi-même, me tiraillant avec les copains de mon fils pour les aider à mettre le postérieur de l’un d’eux à l’air. Les gamins ricanant de bon coeur alors qu’un petit génie eux l’idée de tirer sur une boucle de mon bikini. J’ai fait le clown pour lui. J’ai acheté des amis… pour lui. En faisant la maman cool. En faisant des lait frappés pour tous. Mais vous savez, une neuropsychologue avait dit un jour en conférence qu’il ne fallait pas avoir honte d’acheter les amis de nos enfants si c’était pour leur bien.  Vont revenir les jeunes. Ils m’ont tous dit merci pour la super journée.

J’ai vu mon fils sourire. Il s’est mêlé aux autres pour me faire chavirer de l’île flottante… jusqu’à ce que ses tics deviennent complètement hors de contrôle et qu’il s’isole dans son coin, à l’ombre, avec son jeu vidéo.  Je l’ai laissé faire, sachant profondément qu’il était tout de même heureux.

D’ici quelques jours, les marmots partiront pour deux semaines chez leur papa. Deux longues semaines sans toute cette vie dans la maisonnée. Deux longues semaines à me ronger un peu les sangs car des ajustements de médication seront faites pour mon grand alors que moi je serai loin. M demande si j’y survivrai.  Je sais que oui. Je sais que je profiterai de ses moments de silence comme autant de délices pour mes oreilles.

pssst… ce week-end nous serons  pour le 60e anniversaire de mariage des grands-parents de M. Un homme et une femme que j’admire beaucoup et pour qui l’amour coule encore dans le regard de l’autre.

30
juin

La vie en rose

Le magasin là. Pas la vie… la vie. Le magasin de lingerie la vie en rose. On s’est payé un p’tit tour de voiture hier pour aller là.  Je dirais même plus… on s’est payé un p’tit tour de voiture pour aller me torturer là.  En fait je déteste magasiner. N’importe quoi, que ce soit des vêtements, de la déco… qu’importe je déteste magasiner.  Il y a toujours trop de monde. Je ne trouve jamais rien enfin bref, c’est toujours l’enfer.

Ça faisait des mois que je chialais que j’avais besoin de soutif (j’aime bien ce mot). C’est donc M qui m’amena de force (à peine là) à Boucherville en faisant un petit détour pour me montrer ça, chez le concessionnaire à Ste-Julie. C’est le modèle qui le fait tripper. Que dis-je… c’est le modèle qui l’amène à me faire de longs discours convainquant comme seul un vendeur de frigo pourrait le faire face à des esquimaux.  M’enfin, l’homme ainsi heureux de ses rêves éveillés était en forme pour m’accompagner dans cette boutique où l’imagination masculine pouvait se laisser aller aux fantasmes.

Je dois dire que je suis plutôt traditionnelle pour l’achat de soutif. En fait, j’aime le blanc et le noir alors tous ses murs remplis de trucs multicolores me laissaient de marbre. Quel ne fut pas ma surprise de constater qu’il est devenu difficile de trouver un soutien-gorge sans bourrure. Les “add one size” alléchants sur une grande part de modèle.  Je me suis toujours demandée quel était l’intérêt de paraitre la poitrine plus volumieuse que la réalité. N’est-ce pas préférable pour l’homme de savoir à quoi s’en tenir que d’être mal à l’aise de se dévêtir devant lui de peur que le menton du cromagnon ne tombe à ses genoux, déconfit qu’il serait de découvrir la vraie nature de la poitrine s’apprétant à s’offrir à lui?  Bah, qui suis-je pour juger hein?  Moi j’aime pas, c’est tout. Jamais je ne retrouverai cette volutuptueuse craque de sein qui fut mienne durant ma montée laiteuse… ferme, imposante, parfaite… mais si douloureuse!

Va savoir pourquoi, hier j’avais les mains pleines de pouce. Gaston La Gaffe au féminin. Prenant un modèle sur le présentoir, j’en faisais tomber trois par terre. Enlevant le soutif du support, je le brisais en deux… le support là, pas le soutif.  Cherche ma taille, ne trouve pas.  Regarde un modèle… examine le bonnet… examine ma poitrine. Hmmm me semble que ça ne fait pas, tu ne trouves pas chéri?

-Bah j’sais pas les grandeurs moi, c’est au toucher que je sais.

Prenant sa main, je la dépose sur mon sein gauche. Lui demandant par la suite de tâter le bonnet que je lui présentais.

-Mouais j’pense que ça irait.

J’avais prévu le coup de l’essayage. Je ne portais qu’une camisole sans soutien-gorge, que des marguerites en guise de cachotterie.  Essai un. Essai deux.  Essai trois.   Les maudites bretelles sont toujours au plus court… c’est long… ça m’énerve… le tissus pique.   Le tapis sur le sol me donne de la statique dans les cheveux.  Je finis enfin par faire un choix. La torture n’étant pas terminée, je devais maintenant me trouver des strings assortis. En petit-bonhomme dans la section du blanc, je reçu un coup de sacoche sur la tête par une minette d’à peine 18 ans. Relevant la tête brusquement pour voir mon agresseur et lui faire savoir mon agacement, j’en tombai sur le cul amenant au passage les “brassières de mémères couleur peau” qui se trouvaient derrière moi. Ce fut la goutte faisant déborder le vase, je ramassai sur un présentoir 4 maudit string de coton noir bien “de base” et sacrai mon camp à la caisse sans demander mon reste.

Savourant ma liberté retrouvée une fois sur la route, je suppliai M d’aller finir l’après-midi sur le patio à se faire dorer sous le soleil de plomb, une bière à la main.  L’eau de la piscine n’était qu’à 76 degrés mais mes exclamations faisaient rire mon mec.  Me suis fait bronzer… en marguerites!  Avec un petit fou rire à imaginer la surprise de visiteur imprévu.  

27
juin

Le balancier

Un rêve étrange m’a réveillé la nuit dernière. J’avais les cheveux blonds, très blonds. Dans un coin, mon ex riait en me pointant du doigt.  Je me suis réveillée en sursaut, le souffle court. De la main j’ai tâté sous les couvertures pour toucher le corps qui était à mes côtés.  Je l’ai reconnu immédiatement, mes doigts comme un oeil de chat dans la pénombre… c’était M.

Les souvenirs s’étaient réveillés en même temps que moi. Tout déboulait alors comme les rochers au bord d’une falaise. Aucun panneau avertissant contre les dangers d’éboulement.  Je revoyais mon ex le visage rouge, des fusils dans les yeux me disant que je choisissais mes plus beaux strings quand je sortais. Me reprochant de mettre mon vieux string bleu le mercredi et de ne pas être sexy en pyjama le soir. Pendant un certain temps, j’ai tenté de me justifier. Déclarant avec conviction que je ne choisissais pas mes sous-vêtements mais que je plongeais plutôt la main dans le tiroir et les prenais au hasard.  Il ne m’a jamais cru car régulièrement, ça revenait sur le tapis.

Un jour en arrivant du boulot avec des sacs d’épicerie à la main, j’allai retrouver mon ex dans le garage avec ti-prout roux qui avait alors 2 ans.  Lorsque je vis son regard, je me sentis devenir toute molle. L’instant d’un éclair, ma journée défila devant mes yeux… analysant mes faits et gestes, je cherchais en vain ce que j’avais bien pu faire de travers.

-Je t’ai vu, dit-il d’un ton rageur contenu.
-Tu m’as vu quoi?
-J’t'ai vu osti.

D’un coup, je me sentis coupable. Persuadée que j’avais fait quelque chose de terrible, je me creusais les méninges pour trouver de quoi il en retournait.  Rien à faire, je ne voyais rien. Plus je cherchais, plus je me sentais coupable. J’aurais voulu lui dire qu’il avait raison et m’excuser, ça aurait été tellement plus facile.

-J’t'ai vu à la sortie d’autoroute *** pis ton collègue de travail était trois chars en avant de toi. Je passais sur le viaduc et je vous ai vu.
-Euh… j’allais faire l’épicerie pour prendre de l’avance pour le week-end, dis-je en montrant les sacs que j’avais encore dans les mains.
-J’t'ai vu osti. Tu sors jamais à cette sortie là. T’as changé tes projets quand tu m’as vu hein?
-Pantoute, je ne t’ai jamais vu passer.
-Eille j’t'ai vu. T’auras beau dire n’importe quoi, tu sors jamais à c’te sortie là.

Le coeur battant la chamade, je l’ai traité de fou et je suis rentrée dans la maison en tremblant. Sur un coup de tête, j’ai téléphoné à mon collègue de travail pour lui demander c’était quoi l’idée de prendre la même route que moi après le boulot. Il n’était pas là.  Réalisant ce que je venais de faire, je tremblai encore davantage. Ah merde… et s’il avait l’afficheur? Et s’il téléphonait plus tard?  Mon Dieu s’il vous plait, faites qu’il ne rappelle pas… faites qu’il ne rappelle pas.  Comme je n’avais pas moi-même l’afficheur, chaque fois que le téléphone sonnait mon coeur cessait de battre. Et à 20h, il téléphona…

-Salut, tu m’as appellé?
-Oui, dis-je d’une voix chevrotante presque étranglée.
-Qu’est-ce que tu voulais?

J’avais honte. J’éprouvais une gêne immense, n’osant pas raconter la raison de mon appel… mais je le fis tout de même.

-C’t'un criss de malade ton chum. La route appartient à tout le monde pis j’ai le droit de passer où je veux. Hey yé malade rare lui.  Tu lui diras que j’étais allé à la SAQ chercher du vin pour aller voir ma blonde ensuite pis que c’est pas de ces câlisse d’affaires.

Je tremblais encore plus en raccrochant le combiné. Bien que je me sois enfermée dans une chambre pour parler avec lui, j’étais persuadée que mon ex savait qu’il avait téléphoné… qu’il avait peut-être même écouté la conversation avec un autre téléphone alors je me devais de lui en parler. J’étais totalement paranoiaque.  Ce n’est qu’un petit exemple d’épisode que je vivais régulièrement.  Je me sentais sombrer, je coulais à pic alors que mes enfants commençaient à avoir de plus en plus besoin de moi dû à leur maladie.  Je passais une partie de la nuit à analyser mes journées, cherchant s’il y avait quoique ce soit qui puisse déclancher une crise.  Lorsqu’il me touchait, je faisais semblant de dormir profondément en souhaitant qu’il abandonne. Il n’abandonnait pas, j’étais sa chose, sa possession dont il pouvait se servir quand l’envie lui prenait.

Tic… tac… tic… tac  Le balancier battait la cadence. Ma vie… ou la sienne… ma vie… ou la sienne. Mon ex a toujours rêvé que je me fasse teindre en blonde et comme je n’arrivais pas à le convaincre que je préférais les cheveux foncés, je faisais un compromis en étant rousse.  Jusqu’au jour où un changement s’amorça doucement en moi, je commençais à me choisir moi. Je passai donc au brun pâle. Plus je me remettais debout intérieurement car je voulais que ma vie change, plus ça dégénérait avec mon chum (ex). Un soir de chicane, il sortit dehors avec un long couteau de cuisine que je lui arrachai de peine et de misère alors qu’il embarquait dans la voiture. Il parti en faisant crisser les pneus et me téléphona vers 23h pour me dire qu’il était à Québec. À deux heures de route de la maison. Au lieu de sauter sur l’occasion et faire le premier pas vers ma libération, je le suppliai de revenir.

Tic… tac… tic… tac… Mon choix commençait à se préciser. La première fois que je lui fis part de mon désir de me séparer, je le retrouvai quelques heures plus tard dans le sous-sol, une corde à la main. Lorsque je lui arrachai des mains, je vis le noeud coulant.  J’étouffais, c’était autour de mon cou que l’étau se resserrait.  Ce n’est que plusieurs mois plus tard, à mesure que la couleur de mes cheveux se rapprochait du noir, que je me sentais revivre. Je redevenais moi-même tranquillement et ça l’effrayait. J’ai eu besoin d’aide aussi, je n’ai pas tout fait toute seule. Un coup de téléphone d’une cabine téléphonique à une maison d’hébergement pour femme victime de violence (psychologique ici) changea ma vie.

Mes cheveux blonds la nuit dernière fut comme un sceau d’eau glacée en plein visage. J’suis si heureuse que tout cela soit derrière moi. J’suis si heureuse d’avoir développé autant de force morale. Je crois qu’une petite joie aujourd’hui surclasse dix souffrances.  Je crois maintenant que plus rien ne pourrait me faire courber comme un arbre seul dans un champ, courbant au gré du vent. J’suis enracinée maintenant, solidement.

Petite lecture sur la violence ici.

25
juin

Attendrie

Y a de ces moments parfois où l’amour nous étoufferait tellement il déborde de l’intérieur. Des instants qu’on chérirait jusqu’à n’avoir plus de mots pour les décrire. Les graver à tout jamais dans sa mémoire tel un tatouage indélébile.

19h dimanche soir, mon p’tit poulet roux de 5 ans vient me voir avec ses yeux de chat botté dans le film Shrek, retenant mon sourire je lui demande doucement ce qu’il veut.

-Maman, c’est quand je vais avoir mon mohawk?
-Mmmmm bientôt sûrement. Demande à M quand il va te le faire.

Contre toute attente, alors qu’auparavent il aurait littéralement fondu sur place pour devenir invisible, préférant se liquéfier que d’avoir a parler à quelqu’un d’autre qu’à sa maman. Il demanda à M quand il pourrait lui faire son mohawk. Je suis encore sous le choc de ses changements au niveau de son comportement. Dire que l’anxiété menait sa vie auparavant n’est pas rien. Je peux chérir la prise de médication pour mon tout petit alors que je déteste tout le chimique qu’ingère mon grand. Alors que ma fille se trouve au milieu. La médication l’aidant encore sans toutefois l’intoxiquer pour le moment.

Regardez-moi cette fierté bien palpable. Dites-moi qu’il n’a pas l’air d’un p’tit monstre…

Le sourire d\'un ange! 

19
juin

Une tape dans le dos… un peu sur la gueule

J’avais rendez-vous à Ste-Justine avec les marmots hier. Chaque fois, je me surprends à constater combien ces moments en voiture deviennent des moments prévilégiés.  Les enfants me posent continuellement des questions et certaines discussions avec mon plus vieux me témoignent de sa grande intelligence et de son éveil à autrui ou à ce qui l’entoure.

Étant donné que mon p’tit dernier va beaucoup mieux depuis l’intégration de la médication pour l’anxiété, il ne sera revu qu’en octobre afin de faire le point avec l’entrée en maternelle. Du côté de ma poulette pour qui les problèmes de comportement sont devenus problématiques depuis quelques semaines, nous serons de nouveau dirigé vers la travailleuse sociale. J’pourrais prendre personnel tout cela. Me questionner à savoir où j’ai bien pu manquer mon coup pour devoir consulter une TS mais ce n’est pas le cas. J’ai fini de me sentir coupable… ça fait parti des trucs que j’ai abandonné derrière moi avec mon ancienne vie.  Je sais que je suis une bonne mère, je sais que je me débrouille plutôt bien vu les particularités. La travailleuse sociale nous donnera le petit coup de pouce qui manque, les p’tits trucs qui nous échappent peut-être présentement.

Pour mon Fredo, de nouveaux essais de dosage. Le neuro a mentionné qu’il avait discuté avec ses collègues du cas de fiston et que tous s’entendaient à dire qu’il était trop jeune pour la chirurgie. Je suis ressortie de là avec plus de 200$ de médication en échantillon (ça vaut cher du strattera, tenez-vous le pour dit!)  Des essais encore… et des changements de molécule d’ici quelques semaines s’il n’y a aucune amélioration.

Nous avons fait un arrêt chez Scores pour diner tranquillement et les marmots se sont mis à lancer de minuscules boules de papier avec leurs pailles. Ah les vilains! Reprenant l’autoroute, je demande aux enfants s’ils veulent rendre visite à M au boulot quelques minutes. Un oui retentissant se fit entendre aussitôt.  Le sourire dans les yeux de M me fit fondre instantannément. La pression de sa main sur mon avant-bras valait tous les mots silencieux que nous échangions du regard.

Comme ça fait 14 ans que je travaille là, les enfants se sentent un peu comme chez-eux et se promènent un peu partout sans gêne.  Cherchant mon rouquin du coin de l’oeil, j’ai vite remarqué la lumière de la salle de bain… la porte grand ouverte.  Ti-prout avait les culottes aux chevilles, le postérieur bien callé sur la toilette.

-Maman, j’ai fait caca mais j’le vois pas dans la toilette!
-On appelle ça une crotte fantôme mon minou.
-Yé où mon caca maman?
-Il s’est sauvé direct dans le trou mon chou. T’as laissé la porte ouverte alors il ne voulait pas que tout le monde le voit!

J’ai bien vu les interrogations dans les yeux des autres qui regardaient mon grand du coin de l’oeil. Les “yé tu toujours de même?” on suivit discrètement.  Je comprends que ça puisse être impressionnant à voir. En entendre parler est une chose, le voir en est une autre. Je ressens tout de même la compassion de tous ces gens, la pitié j’en veux pas.

Les discussions ont repris sur l’autoroute alors qu’une camionnette de police nous dépassait. Les enfants me demandant s’ils allaient trouvé de la drogue dans les champs déjà.

-Maman, du pot ça viens tu aussi haut que du blé d’inde?
-Hummm j’pense pas, quand ils sont chanceux ça atteint entre 5 et 6 pieds je crois. J’ai déjà fumé du pot vous savez. Telle personne aussi… et unetelle aussi.
-Hein? pour vrai m’man? t’as fait ça? dit avec le menton qui atteignait la hauteur des genoux.

Un bel échange avec mes deux grands s’en est suivi. Je crois sincèrement qu’il ne faut pas avoir peur d’être honnête avec ses enfants. Je ne crois pas pour autant qu’ils se jetteront les yeux fermés sur le premier joint qui leur sera tendu. Je continue de leur répéter que je souhaite que notre relation soit assez ouverte pour qu’ils me disent un jour ce qu’ils auront pris s’ils rentrent à quatre pattes à la maison. Je ne les encouragerai pas à faire des conneries, mais je préfère qu’ils apprennent de ma bouche (et d’une bonne façon) ce qui existe et/ou arrivent dans la vie… même ce qui est illégal.

Lorsque je me couchai à côté de Fred pour le rituel du dodo, il secouait tellement la tête alors que j’essayais de lui faire un massage que je lui rappelai que si la médication ne fonctionnait pas que nous ferions d’autres essais.

-Pis si ça marche pas… laissa-t-il en suspens.
-Pis si ça marche pas il restera…
-J’me ferai euthanasier, dit-il en me coupant la parole.
-Fred, dis pas ça. Tu sais qu’il restera l’opération au cerveau si un jour nous n’avons plus le choix. Je sais que ça te fait peur mais ça pourrait aussi changer toute ta vie. Et puis… j’veux être grand-mère d’un beau p’tit blond un jour.
-P’t'être que j’voudrai pas d’enfant moi.
-Tu veux pas être papa un jour?
-… j’sais pas.

Étrangement j’entendais ces explications silencieuses. C’était clair, net et précis dans ma tête. J’entendais “et si mes enfants avaient ça aussi?”  Et je comprenais sans le lui dire. Nous sommes restés en silence quelques instants. Je flattais ces cheveux et dessinais le contour de son visage avec mon index.

-Fredo, le duvet blond au dessus de ta lèvre commence à changer tu ne trouves pas? Tu vas avoir une moustache bientôt.

Tripotant son aisselle, il me demanda si je trouvais que des poils avaient commencés à pousser.

-M’man, y a du monde qui ont du poils dans le péteux hein?
-Ben tu sais Fred, à la base on était pas cencé être habillé alors notre corps protégeait tous les orifices avec du poil. Les yeux, les oreilles, le nez et même l’anus ont du poils pour se protéger.
-Pis la barbe elle? c’était pour quoi? dit-il en souriant, certain de me coincer avec sa question.
-Bah la barbe c’était parce que les cromagnons n’avait pas d’outils pour construire leur maison alors ils sablaient le bois avec!

Éclats de rire, calins et regards attendris en guise de bonne nuit. Tu le sais que je t’aime mon grand hein?